meli-melo de moi

melimeloane

18 juin 2007

Les Doux Leurres

C’était lui et moi ,ou moi dans lui, nous contre le reste du monde. Le monde, c’est celui qui m’entoure et non celui dont je fais partie, celui qui m’observe et non celui avec qui je me mets à table. Aucun de nous n’a gagné, mais chacun a recouvré sa place, fidèle à l’ordre de ce monde. Mon endroit douillet s’est fait citadelle, m’enveloppe et me chérit.

 Car je suis épuisée par ce milieu, cette foule caniculaire, suffocante. Epuisée d’offrir des sourires factices, empruntés, des rires aux éclats en me forçant tellement que j’en ai parfois mal au ventre. Epuisée de montrer ma sympathie face à des discours dont je me rapproche, à leur écoute, plus de l’apathie que de l’intérêt.

 Lisez-moi par votre cœur plutôt que pas vos yeux, c’est ainsi que vous m’apprendrez, au lieu d’estimer le sens de mes mots. Je sème quelques cailloux à travers mon périple afin de ne pas nous égarer, mes sens et moi, vers des leurres qu’un horrible saltimbanque aura semé.

 C’est ainsi que vous m’effrayez, par vos sentiments et vos points de vue sans fondement. C’est ainsi que je m’écoule sous vos pieds, vous autres ponts, passerelles et contrées ; je m’écoule comme l’eau et la vie, sans que vous ne trouviez le temps de me considérer.

 Seul le feu est aujourd’hui capable d’éteindre ma vue et mon odorat, par lesquels on défigure mes idées. C’est vous autres illusionnistes que je m’ébattrai à travestir ; ceci par mon seul regard, pénétrant vos esprits florentins pour les purifier de cette effrayante maladie qu’est l’artifice.

Posté par melimeloane à 00:56 - Illusionniste - Commentaires [0] - Permalien [#]

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